Conférence vélo de Mikael Colville-Andersen à Montréal : les quatre façons de promouvoir le vélo urbain

Par Dominic Ratthé

En me levant hier matin, je respirais d’aise à l’idée de débuter ma journée en allant assister à la conférence Quatre façons de promouvoir le vélo urbain que donnait Mikael Colville-Andersen à la Grande bibliothèque (GB) à l’invitation de Vélo Québec dans le cadre de la Féria du vélo.

Puis, je me suis rappelé que l’auditorium de la GB ne pouvait accueillir que 200 personnes et que c’était « entrée libre », donc aucun siège réservé.  Inquiet, je suis arrivé à 9 h 30 devant l’édifice pour constater que j’étais parmi les cinq premiers à être arrivé.

J’étais convaincu que l’endroit allait être trop petit pour accueillir les spectateurs. Or, tout le monde a réussi à se trouver un siège, mais il n’en restait pas beaucoup de libres. C’est vrai qu’une conférence à 10 h 30 en semaine, ce n’est pas l’idéal pour tout le monde. Présentée en soirée, la conférence aurait nécessité un endroit beaucoup plus grand.

La conférence

Jean-François Pronovost et Suzanne Lareau de Vélo Québec ont d’abord pris la parole. Le vp développement et affaires publiques a présenté le conférencier comme étant un « anthropologue du vélo » alors que la pdg a mentionné que le Copenhaguois possédait une vision du vélo en ville similaire à celle de Vélo Québec.

Puis, la star s’est pointée le bout du nez sur la scène, accueillie pas les applaudissements chaleureux d’une foule enthousiaste. Le « pape du vélo urbain » tel que surnommé par Gabriel Béland dans La Presse, allait commencer sa messe et ses fidèles l’écoutaient religieusement.

Décontracté, sympathique, l’air un peu gamin, voire espiègle, Mikael Colville-Andersen, appelons-le Mikael le temps de ce billet, a pris la parole tout en présentant un PowerPoint contenant des images de Copenhague, ville où il habite.

Il a débuté par dire que Montréal possédait des atouts qui pouvaient faire l’envie de d’autres villes. Il reconnaît que certaines solutions, préconisées par d’autres, s’appliquent très bien en Europe, mais pas vraiment en Amérique du Nord. Il a passé son enfance sur un vélo, comme bien d’autres jeunes, avant que ne s’installe une culture de la peur envers le vélo. Il dit que les gens de Copenhague trouvent bizarre qu’il parcoure le monde afin de parler de vélo urbain, une chose si naturelle dans sa ville d’adoption.


D’entrée de jeu, il affirme qu’il n’y a pas de cyclistes à Copenhague. L’homme aime piquer la curiosité. Tout le monde l’écoute. Il présente ensuite des images d’avocats, de familles, d’une personne âgée, d’un couple et de gens qui roulent à vélo en hiver (80 % des gens qui roulent l’été à vélo à Copenhague roulent l’hiver également). Selon lui, il ne faut pas dire que 500 000 cyclistes se déplacent à Copenhague. Le mot « cycliste » est un terme inadéquat. On parle plutôt de gens ordinaires qui utilisent simplement un vélo pour se déplacer.

Bon là, je suis parti pour vous décrire en détails ce qu’il a dit, ce qui serait un peu trop long. J’ai pris pas mal de notes tout au long de la conférence. Mais comme le but n’est pas de vous transcrire tout ce qui a été dit, je serai bref pour le reste. Voici donc un aperçu des quatre façons de promouvoir le vélo urbain telles que présentées par Mikael.

1-A2B-ism : Get me there quick 

Autrement dit, les cyclistes sont plus susceptibles d’adopter le mode de transport qui est le plus efficace. Si c’est le métro, alors ce dernier sera privilégié par une grande part de la population. Si c’est l’auto, idem et même chose pour le vélo. Il faut comprendre la nature humaine, voilà tout. Des infrastructures adéquates sont également nécessaires, bien entendu.

Les principales raisons pour lesquelles les Copenhaguois utilisent le vélo sont parce que c’est :

– facile et rapide (56 %);

– un bon exercice (19 %);

– abordable (6 %);

– bon pour l’environnement (1 %).

2- Applying basic marketing techniques to urban cycling

Appliquer les techniques de base du marketing au cyclisme urbain. Il faut vendre le vélo urbain comme étant glamour, abordable, noble, sans trop efforts, ordinaire même, dans le bon sens du terme. Trop souvent, le vélo est présenté comme étant difficile, dispendieux, dangereux, faisant transpirer et appartenant à une culture alternative.

Il cite Apple comme étant une « hero brand ». « Tout le monde veut un iPhone. Pas parce qu’ils en ont besoin. Ils savent seulement qu’ils veulent un iPhone et télécharger des dizaines d’applications! »

Il propose de mettre les avertissements des publicités de tabac sur les publicités pour automobiles, les messages ayant à peine besoin d’être adaptés.

3- Stop Ignoring the Bull

Hum… comment traduire de façon pas trop littérale sans perdre le sens de l’affirmation. Le problème, c’est l’auto qui prend trop de place. Il faut prendre le problème par les cornes et le castrer au besoin plutôt que d’enrouler les piétons et les cyclistes de papier bulle. Il faut donc viser là où ça fait mal et s’attaquer au noeud du problème.

4 – Re-democratisation

Il faut effectuer une « redémocratisation » de la bicyclette, donner à celle-ci une image de marque liée au mieux-être de nos sociétés et à des villes où il fait bon vivre. Il y a beaucoup d’avantages à rouler à vélo : on économise, on garde la forme, on souffre moins de problèmes de santé en vieillissant et on vit plus longtemps.

Mikael Colville-Andersen a par la suite répondu aux nombreuses questions du public. Mon opinion : il s’agit d’un succès sur toute la ligne pour cette première conférence à Montréal. J’espère que Vélo Québec poursuivra sur sa lancée et proposera aux Montréalais des personnalités prestigieuses à tous les ans pour des conférences du même genre. Et c’était gratuit!

Ce soir, rendez-vous au lancement du blogue Montréal Cycle Chic!

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Petits faits dans le désordre

– Mikael Colville-Andersen habite chez un ami à Outremont le temps de son passage dans la métropole.

– Il est l’homme derrière les blogues très connus et respectés du mouvement Cycle Chic et de Copenhagenize.com.

– Vélo Québec lui a prêté un de leurs vélos de courtoisie (photo ci-haut). Il ne l’aime pas! « Je suis trop penché par en avant », dit-il lors de la séance photo. C’est vrai que les vélos de ville permettent une tenue plus droite, contrairement aux vélos hybrides.

– Il n’avait pas essayé de Bixi mercredi midi. Peut-être en fera-t-il l’essai avant son départ.

– Il y a 40 000 « cargo bikes » à Copenhague pour les parents qui veulent transporter leurs enfants. « C’est notre version des VUS », ajoute-t-il a la blague.

– S’il a une crevaison, il la fera réparer dans une boutique spécialisée. Ils préfère les gens qui sont sur les vélos à la mécanique.

– Il croit que les pistes cyclables séparées de la circulation automobile sont préférables afin de créer un sentiment de sécurité chez les cyclistes potentiels et les convaincre d’adopter ce moyen de transport.

Photo officielle de groupie (votre blogueur et Mikael Colville-Andersen)

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