Les marchands de vélo souffrent de la concurrence de Bixi

Le vélo en libre-service à Montréal a beau avoir fait naître une belle histoire d’amour entre cyclistes, vélos et médias, certains souffrent financièrement de cette idylle passionnée qui en laisse plusieurs de côté.

Dans un texte intitulé Le Bixi marche sur les pieds des marchands de vélo, la journaliste Sophie-Hélène Lebeuf de Radio-Canada signe un long texte à propos de l’impact de l’arrivée du vélo en libre-service à Montréal pour certains marchands de vélo de la métropole.

On devait s’y attendre. Bixi fait la compétition aux commerces au niveau de la location. Surtout que les touristes ne comprennent pas toujours la tarification de Bixi et privilégient donc ces vélos offerts à tous les coins de rues plutôt que de chercher un commerçant où il sera possible de louer des bicyclettes. Radio-Canada propose à ce sujet un tableau qui montre les coûts d’utilisation de Bixi et de vélos en location chez quelques commerçants. Évidemment, Bixi est plus cher puisque le système n’est pas conçu pour une location de longue durée.

Une situation difficile économiquement

Même les ventes de vélos de ville et de vélos usagés ralentissent en raison de l’arrivée d’une alternative sécuritaire qui permet de ne plus être victime du vol de son vélo, un problème grave à Montréal (dont je n’ai d’ailleurs jamais encore parlé sur ce blogue).

Le chiffre d’affaire des marchands souffre beaucoup de l’arrivée de Bixi parce que la vente d’un vélo s’accompagne très souvent de la vente des accessoires. Et dieu sait qu’il faut pratiquement autant de cadenas pour un vélo que de couches pour un bébé. J’utilise deux cadenas en U afin de décourager les voleurs. Mais je m’en suis fait couper un il y a deux ans alors je l’ai remplacé. Les cadenas sont également victimes d’usure et doivent être changés au bout de quelques années. Par ailleurs, quand j’aime le service à la clientèle d’un marchand, j’ai tendance à y retourner pour les réparations et l’achat d’accessoires.

La colère des marchands

L’industrie de la vente et de la location de vélos à Montréal est mécontente du lancement de Bixi qui s’est fait sans consultation des commerçants. L’emplacement des stations a également suscité la grogne à plus d’une reprise. Certaines stations ont été placées directement devant certains marchands de vélos, ce qui est, selon moi, un manque de planification inacceptable ou au contraire une planification déloyale qui manque de classe.

Des solutions?

Les marchands de vélos n’ont pas eu d’autre choix que de varier leurs activités commerciales. Certains offrent des classes de spinning, organisent des voyages, ont un club de vélo.

En attendant la réaction de Bixi, les commentaires des internautes sont nombreux. Le manque de places de stationnement pour les cyclistes est dénoncé par plusieurs. Ce ne sont pas les places de stationnement qui manquent pour les voitures, pourquoi ne pas utiliser davantage de celles-ci pour les cyclistes?

Les autorités combattent-elles le vol de vélo avec toute l’énergie que ce problème majeur mérite? Ou y a-t-il un flottement dans la lutte à ce fléau qui indirectement favorise Bixi?

Doit-on laisser le marché s’adapter, laisser fermer les plus faibles et se diversifier l’offre de services parmi les plus forts?

La révolution vélo ne se fait pas sans victimes à Montréal. La situation m’attriste. Je n’avais pas beaucoup songé à l’impact de Bixi sur les marchands de vélos je dois avouer. Comme Bixi est là pour rester, je souhaite que les marchands trouvent des solutions durables afin de pouvoir animer la vie cycliste montréalaise à leur façon pour encore très longtemps!

Ne manquez pas le reportage vidéo de David Gentile intitulé Bixi fait des malheureux à la fin du reportage écrit.

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Les finances de Bixi sous enquête

Bixi et le taxi

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3 commentaires

  1. Daniel, je comprends que la vie d’un petit commerçant n’est pas toujours facile mais on ne peut pas toujours arrêter le progrès pour les accommoder. D’ailleurs les meilleurs d’entre eux finissent toujours par s’adapter: les épiceries ont survécu à la « concurrence déloyale » que leur faisaient les dépanneurs selon leur dires, les agriculteurs survivent (très bien la plupart du temps) à la concurrence des marchés étrangers et les vélocistes continueront à prospérer malgré le Bixi et les magasins de la MEC.

    J’avoue que je suis assez tanné, pour ne pas dire fâché, par les tactiques agressives que les vélocistes (envers le Bixi) ou les grands distributeurs (envers la MEC, alias Coopérative Mountain Equipment) adoptent. Leur façons de m’enlever des options de marché rien que pour s’avantager eux-mêmes me déplaît souverainement.

  2. Après m’être fait voler 6 vélos en six ans à Montréal, je n’utilise toujours pas les services du Bixi. Par contre, les prix ridicules de certains marchants pour l’achat et l’entretien d’un vélo sont parfois dérisoires et exagérément élevés. Acheter un vélo semblable à un Bixi coûte environ 1000$ ( et c’est sans compter les coûts de cadenas ) ! Le coût de location d’un Bixi par année; 78$ taxes incluses pour des sessions de 30 minutes à la fois.

    J’ai pensé me tourner vers un Bixi à plusieurs reprises, mais les services de ces derniers ne conviennent pas à mes besoins; J’aime faire de longues randonnées sur l’Île de Montréal et à l’extérieur. J’aime rouler à l’année longue à tout les jours dont l’hiver, quelle que soit la température. J’aime pouvoir aller où je veux et quand je le veux sans avoir à me soucier d’avoir à trouver une borne disponible au retour d’un vélo et sans avoir à me soucier du temps qu’il me reste pour le faire. J’aime aussi pouvoir rouler avec un vélo avec lequel je peux atteindre un certain niveau de performance.

    Je crois que le Bixi s’adresse à une clientèle qui n’a pas les mêmes besoins que les vrais cyclistes de tous les jours. Ceux qui ne désirent pas entretenir, entreposer et prendre le risque de se faire voler leur vélo. Ceux qui désirent prendre ou reprendre contact avec le vélo en ville ont un très bon moyen de le faire avec le Bixi.

    Est-ce que j’aime l’idée du Bixi; Oui. Est-ce que j’aime croiser des Bixi en ville; Non. Pourquoi?; Parce que les conducteurs et conductrices de Bixi sont souvent des gens inexpérimentés qui prennent des décisions dangereuses et innadéquoites (Bixisme). Combien de fois ai-je croisé des gens qui roulent à Bixi à l’envers du trafic, sur les trottoirs, à 2 de large sur les pistes cyclables ou dans la rue, traverser sur une rouge de manière dangereuse et/ou parlant sur leur cellulaire. Parfois tout cela en même temps. Les Bixistes sont d’après moi ceux qui prennent le plus de risques et font font mauvaise réputation à tous les cyclistes. C’en ai tellement pitoyable que je tien à rester à distance des ces derniers. Leurs petites lumières dynamos caractéristiques sont pour moi égales à source de danger potentiellement élevé!

    Est-ce que je vais me plaindre pour les marchants de vélo qui nous volent tout autant que les voleurs de vélos par leurs prix démesurés! NON. Est-ce que je vais encourager les gens à utiliser le Bixi! Pourquoi pas, mais se service n’est pas pour moi. Est-ce que je vais encourager la ville à développer des infrastructures de manière massive et sécuritaires! OUI. Là réside le réel problème de cohabitation entre cyclistes, bixistes, piétons, automobilistes, taxis, autobus…

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