Vélo Québec réclame l’abandon du virage à droite au feu rouge

Je vous parlais hier du nombre élevé de décès et de blessés qui y a eu au Québec depuis 2003 en raison du virage à droite au feu rouge (VDFR). Vélo Québec a rapidement réagi en demandant au nouveau ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, de retirer cette mesure clairement dangereuse.


Depuis 2003, le VDFR a fait 657 victimes dont 30 blessés graves et 5 décès. Des cyclistes et des piétons dans la vaste majorité des cas.
« En 2002, nous avions clairement démontré que le virage à droite au feu rouge représentait un risque accru pour les piétons et les cyclistes, indique Suzanne Lareau, pdg de Vélo Québec. Les chiffres publiés aujourd’hui confirment que c’était un mauvais choix. »


Uniquement en Amérique du Nord

Le VDFR est une réalité nord-américaine. Uniquement nord-américaine. Selon le communiqué de Vélo Québec, la pratique s’est répandue aux États-Unis à la suite de la crise du pétrole dans les années 70 afin de favoriser les économies de carburant. Cependant, les études effectuées à ce sujet démontrent que cet objectif n’a jamais été atteint, comme le résume notamment le rapport préparé pour le ministère des Transports du Québec en septembre 2002 par M. Michel Gou de l’École polytechnique : Le virage à droite au feu rouge au Québec. Les faits démontrent, qu’au mieux, les économies d’énergie sont insignifiantes : on parle en effet de trois litres de carburant par auto par année.

La mesure est toutefois populaire puisque les automobilistes ont l’impression de gagner du temps. Or, il s’agit d’une fausse perception. Des projets pilotes réalisés en 2002 dans 26 villes du Québec montrent que des économies de 30 secondes par trajet sont réalisées.

C’est à se demander pourquoi le Québec a tenu à imiter les autres provinces et les États-Unis (sauf New York). Depuis quand le Québec est-il le suiveux des politiques des autres provinces canadiennes? Réponse : 2003.

Je demeure à Montréal et je serais prêt à manifester s’il le fallait pour que le virage à droite sur feu rouge ne devienne pas une réalité sur l’île si jamais le maire songeait à implanter la mesure. Je me demande d’ailleurs ce qu’en pensent les maires des municipalités du Québec. Oseront-ils s’élever contre leur population constituée à forte majorité d’automobilistes? Poser la question, c’est y répondre.

Vélo Québec demande au nouveau ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, d’agir pour la protection des piétons et des cyclistes en retirant le VDFR. « Si on veut que le transport actif se développe davantage partout au Québec, il faut prendre les moyens nécessaires pour assurer un environnement sécuritaire aux piétons et aux cyclistes. Le retrait du VDFR s’impose, » conclut madame Lareau.

Le virage à droite au feu rouge n’est pas obligatoire

L’amende pour un automobiliste qui ne cède pas le passage aux piétons engagés ou aux cyclistes engagés est de 138 $. Quand on a payé son véhicule quelques dizaines de milliers de dollars, c’est très dissuasif. Le conducteur fautif écope également de trois points d’inaptitude. Je me demande combien de contraventions pour ce motif ont été données depuis 2003.

Le virage à droite au feu rouge est facultatif. Ça veut dire qu’un conducteur n’est pas obligé de tourner à droite quand le feu est rouge. Il peut attendre qu’il soit vert. Je vous encourage à attendre que le feu soit vert parce qu’au volant vous n’êtes manifestement pas capable de faire la différence entre un piéton, un cycliste et un courant d’air.

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10 commentaires

  1. C’est pas juste pour les piétons et cyclistes qu’on devrait empêcher le VDFR mais également pour les autres automobilistes. Ils y en a qui manquent tellement de jugement qu’ils causent des problèmes de circulation.
    C’est comme n’importe quel autre règlement sur la route, théoriquement, cela ne devrait pas nuire mais en pratique, c’est une autre histoire. On a qu’à penser au cellulaire. Tout le monde doit maintenant s’en priver au volant parce que certains manquent de jugeotte ou de concentration.

    1. C’est vrai. On devrait même avoir de nos jours un règlement qui dit que lorsque le feu est rouge, il faut vraiment arrêter! Ou encore de ne pas bloquer la circulation aux heures de pointe en s’avançant trop. Le feu tourne au rouge et hop on bloque la circulation des autres, ce qui est totalement égoïste et improductif. Ces règles existent déjà sans décrire ces situations comme telles, mais je pense qu’on devrait actualiser le Code de la sécurité routière en ce sens. Et donner des contraventions!

  2. Tu as écrit:  »Depuis quand le Québec est-il le suiveux des politiques canadiennes? Réponse : 2003. ».

    J’ai une petite nouvelle pour toi: le Québec fait partie du Canada.

  3. Pour défaut de respecter la priorité accordée aux piétons et aux cyclistes à une intersection, on a donné, en 2008, (roulement de tambour) 178 contraventions!!
    Piétons, cyclistes, ne craignez rien… la police veille sur vous…

    Source: SAAQ, 2009, http://bit.ly/cGECMx, p. 13 du document.

    1. Ah là, effectivement, je me sens mieux! Si la police prend sur le fait 0,000001 % des délinquants au volant, je pense qu’on peut jeter nos casque par la fenêtre!

      Merci pour l’info!

  4. Malheureusement, les automobilistes respectueux et prudents qui refusent de couper le chemin et attendent au feu rouge se font klaxonner et sont suivis de dangereusement près par les impatients chauffards derrière eux. Combien de contraventions a-t-on donné pour avoir klaxonné de façon intempestive dans de telles situations? Ces contraventions font aussi partie des mesures de partage de la route, mais les policiers semblent l’oublier.

  5. Je ne comprend pas pourquoi on sent chaque fois le besoin de préciser que le VDFR est une réalité UNIQUEMENT nord-américaine, comme si c’était la preuve qu’il s’agit d’une mauvaise idée. Que je sache, nous sommes en Amérique du Nord, non?

    J’ajoute que j’ai roulé 5 semaines aux USA cet été, et je me suis souvent retrouvé dans une situation où, à une intersection, je bloquais l’automobiliste derrière moi qui aurait pu tourner à droite au feu rouge. Jamais je ne me suis fait klaxonner. N’oubliez pas que ce qui distingue l’automobiliste québécois, ce n’est pas juste le feu rouge, c’est l’absence de savoir-vivre. 🙂

    1. Bonjour,

      Je vous offre ma réponse toute personnelle. Dans un premier temps, je crois que c’est pour offrir un contrepoids à ceux qui disent que la mesure est permise dans absolument toutes les provinces du Canada et dans tout les États-Unis, laissant le Québec le seul territoire où on ose remettre une mesure existante. On pourrait se dire que dans ce cas-là, si tout le monde le fait, pourquoi pas nous. Sauf qu’on constate que nous sommes une minorité à avoir adopté le VDFR.

      Le manque de civisme sur la route des Québécois fait justement en sorte qu’on ne devrait pas se servir de l’argument que le VDFR est permis partout ailleurs en Amérique du Nord pour affirmer que la mesure est adaptée au Québec. Si ce n’est pas une mauvaise idée pour les automobilistes, c’est certainement une idée dangereuse pour les piétons et les cyclistes.

      Comment faire réapparaître le savoir-vivre chez les Québécois au volant? Bonne question hein 😉

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