Cyclistes urbains : les péripéties de Magenta Baribeau sur son Écovélo

Cyclistes urbains est une série de portraits d’hommes et de femmes qui roulent à vélo à Montréal ou ailleurs. Pas besoin de circuler exclusivement à bicyclette pour voir votre portrait et votre réalité de cycliste épinglés ici. Il suffit d’enfourcher votre vélo de temps à autre, que ce soit pour les loisirs, le travail, le magasinage ou toutes les autres occasions de la vie courante.

Magenta Baribeau

Magenta Baribeau sillonne les rues de Montréal à vélo depuis huit ans. Cycliste chevronnée comptant 25 années d’expérience sur deux roues, l’artiste et rédactrice a déjà foulé le sol de plusieurs villes : Hull, Ottawa, Gatineau, Montréal, Longueuil, Saint-Lambert, Brossard et Paris en ce moment même! Alors qu’elle s’apprête à souffler ses 30 bougies, elle a accepté de répondre aux questions de Rouler à vélo.

Décrivez votre vélo actuel.
En général, j’aime bien mon vélo. C’est un Écovélo de SOS Vélo, pas trop cher et éthiquement intéressant. Par contre, comme je n’ai pas payé le vélo très cher au départ et qu’il n’est garanti qu’un an, il devient dispendieux à la longue avec tous les morceaux qui brisent. Je blâme en partie les rues de Montréal pour avoir détruit ma roue arrière, la saison dernière. Mais malgré les réparations quasi continuelles à effectuer, ce que j’aime le moins de mon vélo est mon siège qui fuit. Lorsqu’il pleut, il s’engorge d’eau et pendant une semaine, je dois mettre un sac de plastique sur le siège afin d’éviter d’avoir les cuisses détrempées. Mais sinon la tenue de route est bonne et il possède une bonne vitesse de croisière.

Quel est votre plus beau souvenir à vélo?
Mon tour de ville en une heure, partant de Centre-Sud pour le Vieux-Port allant sur la piste cyclable jusqu’au pont de la Concorde, continuant sur le circuit Gilles-Villeneuve, retour par les îles et le pont Jacques-Cartier. Une très bonne manière de se défouler et de faire de l’exercice. On peut rouler vite sans avoir peur des automobilistes puisqu’ils sont inexistants dans ce coin.

Quel est votre plus mauvais souvenir à vélo?
En même temps un des plus beaux et des plus mauvais… Quand j’étais enfant, j’habitais à Hull et mes parents en profitaient pour m’amener aux abords du Canal Rideau pour faire du vélo. Onze kilomètres entre l’embouchure du canal et le lac Dow, aller-retour : 22 kilomètres. Quand tu es un enfant avec des petites roues, c’est long longtemps. C’est tellement beau que tes parents arrêtent constamment pour sentir les fleurs ou regarder les maisons. Toi, tu veux aller vite. Il y a des vieilles mémés devant toi qui vont lentement. Tu as des petites roues qui ne roulent pas vite. C’est le fun et éprouvant en même temps. Surtout quand on le fait une ou deux fois par année pendant des années. On vient à redouter le Canal Rideau; l’été pour le vélo, l’hiver pour le patin. Depuis j’ai toujours une petite crainte des pistes cyclables que je trouve mémères.

Décrivez votre rencontre typique avec un automobiliste.
Moi, gesticulant allègrement pour montrer à l’automobiliste que je suis là, que ceci est une piste cyclable et que j’ai priorité. Ou sinon moi, sur un coin de rue, gesticulant et criant pour montrer à l’automobiliste que quand la flèche verte pointe tout droit, ça veut dire de ne PAS tourner et par le fait même de ne pas m’écraser.

Décrivez votre engueulade la plus spectaculaire à vélo (avec un automobiliste, un piéton ou un autre cycliste).
Je ne peux pas la qualifier de spectaculaire puisque j’ai eu tellement d’altercations avec cyclistes, automobilistes et piétons au fil des ans que ça perd de son aspect extraordinaire pour tomber dans le domaine du quotidien. Bref typiquement avec les cyclistes c’est : « Pourquoi tu te mets devant moi au feu rouge? Tu le sais bien que je vais ENCORE te double puisque je viens de le faire deux fois! » Avec les piétons, c’est : « Putain! C’est une piste CYCLABLE! Cyclable! Le trottoir, il est à droite! » Avec les voitures, c’est moi qui gesticule et qui leur dis que je suis là parce que je ne veux pas être frappée. Et avec les taxis, je les frappe avec mon pied gauche quand ils tentent de faire une crêpe de moi en se collant le plus possible sur l’auto stationnée à leur droite tandis que je suis là.

Vous arrive-t-il de contrevenir au Code de la sécurité routière (rouler sur les trottoirs, rouler dans le sens contraire d’une rue à sens unique, brûler un arrêt ou un feu rouge)?
Oui, il m’arrive souvent de contrevenir au Code de la sécurité routière. Mon infraction la plus fréquente est d’aller à contresens d’un sens unique. Ce que j’aime du vélo c’est qu’il me permet d’aller vite alors j’aime prendre les chemins les plus directs. Surtout qu’à Montréal parfois les sens uniques, omniprésents, ne nous rendent pas la vie facile et on doit faire un grand détour pour rien. Quant à brûler des arrêts et feux rouges, disons que je fais un stop à l’américaine. Je ralentis, je regarde bien et ensuite je traverse. Je reste quand même quelqu’un avec un grand sens du civisme et donc lorsque je contreviens aux lois, j’essaie d’être la moins dérangeante possible et si je croise une voiture ou un autre cycliste allant dans le sens de la rue, je lui laisse bien sûr la priorité.

Quelle est votre rue préférée pour rouler?
Il s’agit de la rue Lafontaine entre Papineau et de la Visitation. Elle a été repavée à l’été 2007. C’est un plaisir d’y rouler parce qu’on peut aller vite sans peur de tomber dans une crevasse ou trou.

Quelle est la rue où vous détestez le plus rouler?
Sherbrooke ou Ontario entre De Lorimier et Pie-IX, les deux ont vraiment trop de nids-de-poule, ce qui devient dangereux parce qu’au lieu de rouler à droite, on doit souvent faire un détour soudain par la gauche, risquant ainsi de se faire frapper par les voitures.

Faites-vous du vélo l’hiver?
Non. Enfin si, s’il n’y a pas de neige et qu’il ne fait pas froid. Disons que j’ai déjà fait du vélo en février et en décembre, mais ce sont plutôt des exceptions. Généralement de la fin novembre à la mi-mars, je range mon vélo.

Selon vous, avez-vous déjà dépassé le .08 de taux d’alcoolémie dans le sang (permis pour les automobilistes, mais pas pour les cyclistes) à vélo?
Oui, quelques fois. Mais comme j’emprunte généralement des petites rues très calmes, tard le soir, je ne suis pas très dangereuse. De plus, je maintiens que contrairement aux automobilistes, quelqu’un de saoul à vélo n’est dangereux que pour lui-même.

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Un commentaire

  1. tu pourrais mettre un tag « portrait de cycliste » si tu as l’intention d’en faire d’autres 🙂

    Je suis en train d’interviewer des gens pour mon article parisien 🙂

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