60 minutes au coin de…

5 06 2008

Rouler à vélo sur une piste cyclable peut être relaxant et pratiquement sans danger. C’est du moins ce qui ressort d’une heure d’observation au coin des rues Berri et Sainte-Catherine par un après-midi tranquille du début juin.

Beaucoup de piétons marchent sur les trottoirs de ce coin de rue achalandé où l’on retrouve deux pavillons de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), une sortie de la station de métro Berri-UQAM et une succursale Archambault.

L’observation a été effectuée le mercredi 4 juin de 13 h à 14 h et ne concerne pas les cyclistes qui circulaient sur la rue Sainte-Catherine. Seulement ceux s’engageant sur la piste cyclable de la rue Berri ou la rue Berri ont été pris en compte.

- Total des cyclistes : 143

- Total des cyclistes portant un casque : 57 (39,86%)

- Total des cyclistes en direction nord : 65 (45,45%)

- Total des cyclistes en direction sud : 78 (54,54%)

Quelques infractions

Peu d’infractions au Code de la sécurité routière ont été observées. La présence d’une circulation automobile et piétonne dense peut expliquer en partie cette situation. Six cyclistes ont circulé sur les trottoirs dont un portait un casque. Cinq ont brûlé un feu rouge pour poursuivre leur chemin tout droit ou pour tourner à droite sur la rue Sainte-Catherine et se retrouver en sens inverse de la circulation. Aucun ne portait de casque. Enfin, des deux personnes qui ont circulé sur Berri en sens contraire du trafic, une a terminé son chemin en roulant sur le trottoir. De plus, comme elle n’utilisait pas la piste cyclable, elle aurait pu recevoir une troisième contravention.

Malgré une présence policière plus importante que lors de la dernière observation aucun constat d’infraction n’a été émis.

Quelques observations

Les piétons avancent souvent sur la piste cyclable pour attendre que leur feu change au vert et bloquent ainsi la piste cyclable.

Quelques cyclistes sortent de la piste cyclable et continuent de rouler sur le trottoir pour se garer près de l’UQAM.

Un cycliste arrivait sur la piste cyclable en direction sud et un autre cycliste a décidé d’emprunter la piste sans regarder et a failli causer un accident.

Pour rassurer les piétons, plusieurs cyclistes s’immobilisent avant leur ligne d’arrêt.





60 minutes au coin de…

22 05 2008

Par Dominic Ratthé

En une heure à peine, les policiers auraient pu donner jusqu’à 1380 $ d’amendes et 54 points d’inaptitude à des cyclistes fautifs s’ils avaient fait le guet au coin des rues Rachel et Dézéry/Midway. Vous croyez perdre votre temps en attendant à un feu rouge? Vous venez peut-être sans le savoir d’éviter un allègement indésiré de votre portefeuille.

Quoi de mieux que de passer une heure — le vendredi 16 mai de 16 h à 17 h pour être plus précis — à observer le comportement des cyclistes circulant sur la piste cyclable de la rue Rachel au coin des rues Rachel et Dézéry? Cette dernière se transforme en l’avenue du Midway à partir de Rachel en direction nord. Au coin de ces rues se trouvent un fleuriste, une caisse Desjardins, une crèmerie de même qu’une succursale de la Société des alcools du Québec (SAQ) située dans le stationnement du Loblaws Angus. Le bilan est plutôt positif même si certains s’entêtent à donner mauvaise réputation aux cyclistes.

Constat le plus important : sur les 248 cyclistes recensés, la vaste majorité aurait pu poursuivre leur chemin sans contravention. Pour leur propre sécurité, par instinct de survie ou dans le seul but de conserver leur compte en banque intact après une simple promenade à vélo, les cyclistes se « tiennent les fesses serrées » lorsqu’il s’agit de se rendre d’un point A à un point B à Montréal. Mais avant de s’attarder aux criminels sur deux roues, voyons ce que cette heure a permis d’observer.

La plupart des usagers de la piste cyclable de la rue Rachel y ont circulé sans sortir à cette intersection (66,13 %). La direction est a semblé plus attirante pour 37,50 % des usagers de la piste alors que 28,63 % ont préféré aller vers l’ouest.

Les adeptes du vélo préfèrent ne pas se faire décoiffer. Ils étaient 51,61 % à bouder le casque au profit du grand air pollué montréalais. Le port du casque était plus populaire en direction est qu’en direction ouest (61,29 %/47,89 %). Enfin, parmi la quarantaine de cyclistes entrés ou sortis de la piste cyclable à cette intersection, 18 portaient un casque.

Criminels sur deux roues

Bon, je vous l’accorde, criminel est un terme un peu fort. Parlons plutôt de contrevenants au Code de la sécurité routière. C’est plus juste, plus bureaucratique et moins accusateur. De toute façon, comme aucune auto-patrouille n’est passée à cette intersection au cours de cette heure, les contraventions qui auraient pu être émises resteront virtuelles.

Le crime le plus grave… pardon, l’infraction qui aurait été la plus désagréable à recevoir pour les fautifs est d’omettre de s’immobiliser à un feu rouge. Selon le Guide de sécurité à vélo (4e édition) produit par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et le ministère des Transports du Québec, cette infraction peut valoir de 15 à 30 $ d’amendes en plus de trois points d’inaptitude. Les 18 contrevenants auraient pu récolter un montant total de 540 $ d’amendes et de 54 points d’inaptitude.

Pour toutes les infractions, les fautifs peuvent écoper de 15 à 30 $ d’amendes. Les montants sont calculés en fonction d’une facture de 30 $. Seize personnes ont circulé sur un trottoir (480 $), cinq ont roulé en sens inverse de la circulation (150 $), cinq ont omis d’emprunter la piste cyclable sur un chemin public (150 $), une a mis des écouteurs tout juste en entrant sur la piste (30$) et une a circulé sans se trouver à l’extrême droite de la chaussée (30$). En fait, ce cycliste circulait également en sens inverse de la circulation et en dehors de la piste cyclable. Ce qui aurait pu lui valoir un total de 90 $ en contraventions.

Cyclistes et automobilistes ont partagé l’espace urbain en toute quiétude et sans accident au cours de cette heure d’observation.